Par solidarité avec les camarades de SUD Rail, et parce qu'on en a assez de n'entendre que le point de vue patronnal sur cette grève dans les médias, nous publions le dernier communiqué de SUD Rail
St Lazare :
Grève à paris Saint-Lazare : Les agents de conduite votent pour la reprise du travail
Après 31 jours de grève, après plus de vingt jours sans que la direction ne propose de rencontre, après les déclarations incendiaires de M. Farandou
(Directeur du Transilien) avec comme conséquence l’agression sauvage et organisée d’un agent de conduite, les conducteurs de la région de paris St-Lazare, ont unanimement décidé de cesser le
travail ce matin.
La direction décidait dans la matinée de fermer la gare et d’évacuer les usagers avec les forces de l’ordre. En dépit de cette situation dramatique, la direction
ne proposait toujours pas de rencontre à midi. L’assemblée générale des conducteurs, réunie à 10H, a été rejointe par les agents sédentaires de la gare, eux aussi victimes d’agressions verbales
et premières cibles des attaques découlant de la campagne de Farandou.
C’est ensemble que les cheminots, excédés par l’attitude de la direction, ont décidé de « forcer » une rencontre avec le directeur de région.
Face aux agents de la production, la direction a donc revu sa copie et proposait d’ouvrir enfin de nouvelles négociations. Devant cette annonce les agents,
responsables, ont donc choisi de reporter le vote sur la reconduction de la grève à 16H, afin de connaître les propositions de la direction et le cas échéant de pouvoir assurer une reprise du
travail permettant de ramener les usagers pour la pointe du soir.
Dans l’après midi une délégation de l’assemblée générale a donc été reçue. Devant la détermination des agents et la hauteur de la mobilisation, la direction a
donc consenti à de nouvelles propositions.
Sans satisfaire à l’ensemble des points de blocage exprimés depuis plus de 5 mois par les organisations syndicales, la direction a enfin décidé d’avancer sur le
débat des moyens en effectifs pour permettre une organisation du travail plus adaptée au service demandé.
Ces propositions sont en deçà des revendications de l’assemblée générale, néanmoins, les cheminots réunis à 16H, ont décidé de mettre fin à ce conflit.
SUD-Rail ne considère pas cette issu de grève comme une grande victoire. Pour nous, qu’il faille attendre 31 jours pour avoir une vraie proposition, qu’il faille
une agression découlant d’une campagne médiatique agressive par la direction SNCF, qu’il faille complètement stopper le service public et fermer une gare, pour que l’entreprise sorte de son
silence et fasse des propositions, afin d’aboutir à un accord minimaliste, est très symptomatique de la conception même du dialogue social de la SNCF.
Il appartient désormais à l’entreprise publique SNCF de mesurer le mécontentement des cheminots sur sa « stratégie sociale » menée depuis plusieurs
années. Il lui appartient d’éviter, par le dialogue, de nouvelles crises majeures comme celle qui vient de se terminer sur la région de Paris St-Lazare.
Dans tous les cas, ce conflit, s’il aurait largement put être évité, aura démontré que les salariés peuvent encore revendiquer, qu’ils peuvent encore s’organiser
et que la loi du moins disant social n’est pas une fatalité. Les politiques libérales basées sur les reculs sociaux ne sont pas inéluctables.