Mardi 18 mars 2008
Voici le tract fédéral pour la journée du 29 mars. Un préavis de grève sera déposé nationalement par la fédération et localement par le syndicat.

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Pour nos retraites, dans la rue, samedi 29 mars !



Le gouvernement veut de nouveau s'attaquer encore à nos retraites. Il a décidé d'augmenter la durée de cotisation à 41 ans pour tous les salariés. Diminuer les pensions ou retarder l’âge du départ à la retraite, c’est inacceptable ! C’est pourquoi Solidaires, la CGT et la FSU appellent à une journée de manifestations. Fonctionnaires, salariés du privé, bénéficiaires des régimes spéciaux, nous somme tous concernés. Pour Solidaires, le 29 mars sera une première étape dans cette mobilisation.

Des projets inacceptables

Le gouvernement poursuit sa logique d’attaque contre les régimes de retraite par répartition. Sous prétexte de l’augmentation du nombre de retraité-e-s, les salarié-e-s n’auraient que le choix de prendre leur retraite de plus en plus tard ou de voir diminuer leur pension.
Depuis 2004, la négociation sur la pénibilité est bloquée, le patronat refusant d’augmenter sa part du financement. Dans la Fonction Publique,  l’augmen-tation de la durée de cotisation et l’instauration de la décote retarde de fait l’âge de départ des agents en service actif.
Les métiers et les conditions de travail ont évolué mais de nouvelles pénibilités sont apparues (stress, pression du public, horaires flexibles, …).
La retraite à 60 ans doit rester un droit pour tout le monde !

Le prétexte de la démographie

Les projections démographiques sont régulièrement utilisées pour essayer de dramatiser la question des retraites. Ainsi en 1999, le rapport Charpin, qui a lancé l'offensive contre les retraites, parlait de "choc démographique" et tablait sur une population française totale de 66 millions d'habitants en 2040. Les nouvelles projections de l'INSEE, datant de l'été 2006, prévoient pour la même date 69 millions d'habitants.

plus de cotisants que prévu
Le rapport Charpin envisageait une population active qui commençait à décroître en 2006 pour retrouver en 2040 son niveau de 1993. Les dernières projections de l'INSEE montrent que la population active va continuer de croître jusqu'en 2015 pour se stabiliser par la suite.
Alors que le rapport Charpin prévoyait une population active de 25,7 millions en 2040, elle s'élèverait, d'après l'lNSEE, à 28,4 millions. Conséquence de ce changement : le nombre de cotisants qui était censé fortement diminuer après 2015 va rester stable entre 2015 et 2030 pour augmenter légèrement par la suite.
Autre conséquence évidente, les problèmes de financement seront réduits d'autant. Ainsi, alors que le Conseil d'orientation des retraites (COR) prévoyait à l'horizon 2050 un déficit de l'ordre 3,1 % de la richesse produite, le PIB, il ne serait maintenant, toujours d'après cet organisme, que de 1,7 % du PIB et de 1 % du PIB en 2020. Moins que la marge d’erreur des projections économiques sur la période !

un taux de fécondité sous-estimé
Ces nouvelles projections de lNSEE se basent sur une augmentation du taux de fécondité qui passe de 1,8 à 1,9 enfant par femme. Et encore ce chiffre est probablement sous-estimé car il correspond à "l'indice conjoncturel de fécondité" - le nombre d'enfant à l'instant T -, et ne dit rien sur le renouvellement final des générations.
Ce qui compte en définitive, c'est le nombre d'enfants qu'une femme aura au final. Or, selon l'INSEE, nous sommes déjà aujourd'hui à 2 enfants par femme. La différence entre ces chiffres provient du fait que les femmes ont choisi d'avoir des enfants plus tard et que, s'il y a moins de familles nombreuses (4 enfants et plus), il y a un fort recul du nombre de femmes sans enfants.
Il n'y a donc, en France, aucun effondrement démographique qui justifierait le catastrophisme actuel visant à justifier les mesures de régression sociale déjà prises et celles que le gouvernement veut prendre dans l'avenir.

La Fédération SUD CT revendique :

  • >le maintien du mode de calcul du montant des retraites sur l’indice détenu les 6 derniers mois pour les fonctionnaires ou sur les salaires des 6 meilleurs mois pour tous les agents non titulaires
  • >la suppression de la décote en cas de trimestres manquants ;
  • >le rétablissement et la revalorisation de la pension minimum versée par la CNRACL, qui ne doit pas être inférieure au SMIC (et dont relève plus de la moitié des retraités actuels) ;
  • >l’intégration des primes pour le calcul du montant des retraites ;
  • >l’indexation des pensions sur les salaires ;
  • >la retraite à 55 ans et à taux plein pour la catégorie B active avec extension de ce régime à d’autres professions à forte pénibilité ;
  • >la possibilité de partir en retraite à taux plein à 50 ans pour les sapeurs-pompiers professionnels au regard de la surcotisation de 2% qu’ils versent ;
  • >le maintien des bonifications liées aux enfants, en particulier pour le départ anticipé des parents de 3 enfants ;
  • >le retour aux 37 ans ½ de cotisations dans le public comme dans le privé.

Comment financer nos retraites ?

Il est indéniable qu'il va y avoir plus de retraités dans l’avenir. La question qui se pose est de savoir s'il faut leur consacrer une part plus importante du revenu national ?
La part des retraites est aujourd'hui de 12,5 % de la richesse produite, le PIB. Si nous voulons maintenir le niveau des pensions par rapport aux salaires, elle devrait passer, selon le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) de 2001, à 18,5 % à l’horizon 2040.
Pour couvrir cette évolution, il faudrait, selon ce rapport, une augmentation de 15 points du taux de cotisation lissée sur 40 ans, soit 0,37 point par an. Il est difficile de croire que cela puisse mettre l'économie à terre. De plus, comme le note le rapport de janvier 2007 du COR, les perspectives démographiques se sont notablement améliorées depuis les précédentes estimations (voir ci-contre). Les besoins de financement en seront diminués d’autant.
Une vision catastrophique est d'autant moins fondée qu'un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée, la richesse créée dans les entreprises, peut être envisagé. Il n'est pas acceptable de considérer comme définitive la baisse très importante de la part des salaires ayant eu lieu depuis un quart de siècle (plus de 10 points) alors que, dans le même temps, la productivité du travail a continué de croître (plus de 50 %).
Ce rééquilibrage, qu’une augmentation des cotisations patronales peut amorcer, serait sans effet sur la compétitivité des entreprises s'il était compensé par une baisse des dividendes versés aux actionnaires.
Il n'y a donc aucune fatalité, mais un choix politique et un choix de société. Il est possible de financer les retraites, de maintenir le niveau des pensions par rapport aux salaires et d'éviter toute hausse de la durée de cotisation... à condition de s'attaquer aux profits financiers. C'est ce que nous devons imposer.
Par sud ct 49 - Publié dans : Infos fédérales
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